LA SYMBOLIQUE CHRISTIQUE DE SUPERMAN DANS SUPERMAN RETURNS par Alxfiles
>voir aussi interview de Singer
Si dans l’essence même du personnage de Superman, tel qu’il fut créé, le parallélisme entre le Christ et le super-héros apparaît comme une évidence (Kal –El est envoyé sur Terre par son père pour être en quelque sorte le sauveur que l’humanité attend) le film de Bryan Singer renforce davantage cet aspect en y insérant de nombreux symboles christiques.
D’abord, le discours de son père biologique Jor-El, que Superman entend au milieu du film lorsqu’il est dans l’espace pour écouter le bruit du monde, est significatif de la tendance :
“They can be a great people, Kal-El, they wish to be. They only lack the light to show
the way. For this reason above all, their capacity for good, I have sent them
you... my only son”.
(Ils sont capables de grandeur, Kal-El, ils en ont la volonté. Il ne leur manque que la lumière pour leur montrer la voie. Pour cette raison d’abord, et pour leur aptitude au bien, c’est toi que je leur ai envoyé… toi, mon fils unique.)
Nous retrouvons les grandes idées disséminées dans le Nouveau Testament, présentes dans le Credo : symbole de Nicée :
Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, né de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé,
de même nature que le Père ;
et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
il descendit du ciel […]
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Jésus/Superman sont la lumière et sont tous deux venus sur terre pour le salut des hommes. Notons également cette fusion entre le Père et le Fils, qui est souvent évoquée dans Superman Returns par les mots suivants : « The son becomes the father. And the father, the son ».
(Le fils va devenir le père. Et le père va devenir le fils.)
Mais la partie du film qui comporte le plus de symboles reste celle de la confrontation entre Lex Luthor et Superman sur la nouvelle Krypton. On assiste alors à la Passion de Superman, du même ordre que celle que le Christ a connue avant sa mort. Nous voyons les acolytes de Luthor, tels les centurions romains sur le chemin de croix prenant le relais de Pilate-Luthor frapper Superman pour le ramener plus bas que terre (on pense alors aux nombreux écroulements du Christ à ce moment-là et éventuellement à sa flagellation).
La phrase de Luthor « Maintenant, vole » rappelle les différentes moqueries de la part des spectateurs de la crucifixion : « Lui! Le Messie! Le roi d'Israël! Qu'il descende donc de la croix: alors nous verrons, et nous croirons! » Dans les deux cas, il y a remise en cause de l’essence même de Jésus/Superman, de sa caractéristique principale, qui le différencie des humains : Jésus était connu pour sa prétention à être fils de Dieu, Superman, lui, c’est pour sa capacité à voler.
Ensuite, comme pour l’achever, Luthor lui enfonce alors un morceau de kryptonite sur le côté du dos, et cela n’est pas sans rappeler la lance de Longinus, que Jésus reçut dans le flanc, qui servait à vérifier qu’il était bien mort.
Et juste avant de porter le coup final, Luthor effectue un mouvement de retournement des mains, symbolisant la célèbre phrase « Je m’en lave les mains » d’un Ponce Pilate, évidemment ironique.
Comme dans le Credo : Symbole des apôtres, où il est dit que Jésus Christ est descendu aux Enfers avant de monter aux Cieux, on voit Superman tomber dans les profondeurs sous-marines avant de s’élever dans les airs, près du Soleil, pour se régénérer, ou en d’autres termes ressusciter.
Et toujours dans la symbolique de la main, un gros plan nous montre le poing de Superman se refermer après cette résurrection (imagerie populaire des paumes du Christ clouées, endroits des fameux stigmates).
On peut aussi noter que lorsque Superman chute de haut pour la seconde fois, après avoir mis en orbite la nouvelle Krypton, il le fait les bras en croix.
Et dans un plan séquence remarquable, on voit une infirmière, telle Marie-Madeleine des temps modernes, se diriger vers le tombeau/chambre d’hôpital où se rétablissait Superman après sa chute vertigineuse et découvrir que son corps n’y est plus… Seul les draps blancs défaits, rappelant le linceul du Christ, témoignent encore qu’il y avait bien quelqu’un ici.
Pour finir, notons ce détail amusant qui veut que les parents adoptifs de Superman s’appellent Martha et Jonathan…ce qui fait curieusement penser à Marie et Joseph, non ?
Et si certains jugent ce parallélisme christique douteux à l’heure où on attend du cinéma bien plus qu’une exposition manichéenne de la vie (Dieu vs le Diable), je pense qu’au contraire parfois on a besoin de se rappeler que définitivement – et ce, même sans aucune considération religieuse, l’homme a le choix d’agir en bien ou en mal, que la responsabilité de ce choix ne relève que de lui seul, et que si plus de gens raisonnaient comme le fait Superman, avec ses messages remplis d’espoir, le monde connaîtrait alors peut-être un peu plus de sérénité. Et je le dis haut et fort, un peu de « naïveté », ça fait du bien, parfois.